La motricité chez le jeune enfant

Publié par Maman géniale le

La motricité chez le jeune enfant

De quoi s’agit-il ? Quel rôle pour les parents ?

 

Définition

D’après le Larousse, la motricité se définit comme « l’ensemble des fonctions nerveuses et musculaires permettant les mouvements volontaires ou automatiques du corps. »

Nous allons voir ensemble ce qu’est la motricité globale ainsi que la motricité fine.

 

La motricité globale

Le développement de la motricité globale permet à un enfant d’exercer son équilibre et sa coordination et d’utiliser ses grands muscles. La motricité globale est un processus que votre enfant va acquérir au fil de son évolution. Ces habiletés l’aideront à maîtriser certaines activités physiques : marcher à quatre pattes, se tenir debout, marcher, courir, taper dans un ballon, grimper, s’assoir, etc. 

Les grandes étapes de ce développement se font entre 0 et 5 ans. 

Le bon développement de la motricité globale favorisera le développement de la motricité fine.

La motricité fine 

Le développement de la motricité fine consiste à apprendre à solliciter ses petits muscles notamment ceux de la main et des doigts pour faire des gestes précis. Le développement de la motricité fine conduit à l’apprentissage de l’écriture qui demande des mouvements précis, fins et minutieux. Mais elle permettra aussi à l’enfant de s’habiller, de dessiner, de découper, d’enfiler des perles, de boutonner sa chemise, etc..

Elle comprend aussi la dextérité et la coordination des mouvements entre la vue et les gestes. Par exemple, se verser à boire dans un verre d’eau demande à l’enfant de porter la bouteille, mais aussi de repérer l’emplacement du verre et donc de verser correctement l’eau dedans. Le développement de la motricité fine est en corrélation directe avec la concentration et l’attention de l’enfant.  

 

Le concept de motricité libre 

C’est Emmi Pikler (1902-1984) pédiatre hongroise, qui est à l’origine du concept de la motricité libre ou « motricité autonome », elle y a consacré toute sa carrière professionnelle. Elle a su démontrer que le développement moteur de l’enfant s’acquiert naturellement, avec des postures fondamentales (sur le dos, à quatre pattes, debout, etc.) qui apparaissent dans un ordre chronologique précis. De plus, cet apprentissage doit laisser l’enfant libre de ses mouvements pour qu’il puisse faire ses expériences en toute confiance. 

 

Ce concept de motricité libre remonte aux années 60, mais il est encore très présent dans notre société puisqu’il fait partie intégrante des projets pédagogiques dans de nombreuses institutions pour enfants. En effet, laissez les enfants apprendre à maitriser leur corps seul leur permettrait d’avoir une très bonne capacité à évaluer les risques et à se tirer de situations imprévues et bien sûr, d’augmenter sa confiance en lui.

 

À la maison 

Comment pratiquer la motricité libre à la maison ? Nous allons voir ensemble quelques conseils facilement applicables. 

Tout d’abord, sécurisez l’espace, vous devez pouvoir laisser votre enfant se balader sans qu’il ne court de réel danger. C’est-à-dire retirer les objets dangereux, protéger les prises électriques avec des cache-prises, fermer vos placards (ma fille adorait venir dans la cuisine et ouvrir le placard à casseroles, elle tapait dessus à l’aide d’une grosse cuillère en bois, elle y prenait beaucoup de plaisir !) Lorsque je voulais réellement qu’elle n’ait pas accès au contenu des placards, j’utilisais des bloque-placards ou loquets (cf. photo). Leur prix n’est pas excessif et c’est très utile ! Néanmoins, laisser son enfant faire ses propres expériences ne veut en aucun cas dire de ne pas le surveiller, au contraire. Ayez toujours un œil sur lui, sans toutefois intervenir. (sauf pour sa sécurité) 

 

Ensuite, aménagez l’espace mis à disposition de l’enfant, adaptez-vous à son progrès, faites lui découvrir des objets. Par exemple, dispersez sur son terrain de jeu 2 ou 3 objets maximum, avec des textures, des formes ou des couleurs différentes. Si l’enfant tient debout en s’appuyant sur le fauteuil, à un moment donné, quand il sera prêt il lâchera le fauteuil pour aller s’agripper au canapé. Leur progression est géniale à observer  ! 

Par ailleurs, la motricité libre à la maison requiert quand même des conditions matérielles nécessaires. Tout d’abord, l’enfant doit être à l’aise dans ses mouvements donc des habits qui lui permettent de se déplacer tranquillement, éviter les chaussures, surtout quand l’enfant ne sait pas encore marcher.

Pour terminer, ayez un comportement bienveillant à l’égard de l’enfant pendant ses exploits. Encouragez-le quand il fait un effort, félicitez-le quand il fait un nouvel exploit. Commenter ses déplacements si vous le souhaitez, soyez observateur. Faites-lui confiance en le laissant toucher, découvrir, explorer, ne le limiter pas. Il a besoin d’explorer, de grandir. 

 

À la crèche 

De nombreuses institutions pour enfants (crèche, ludothèque, halte-garderie) pratiquent ce concept de motricité libre. Les professionnels de la petite enfance s’inspirent beaucoup des travaux d’Emmi Pikler. Des ateliers sont proposés aux enfants pour développer leur motricité, toujours sous le regard bienveillant d’un adulte. Ces petits temps d’exploration permettent à l’enfant de découvrir et de faire ses acquisitions. L’adulte encadrant pourra lors de ces temps suivre l’évolution de chaque enfant et ainsi l’accompagner plus précisément sur la route de l’autonomie. 

 

Sylvie LAVERGNE dit dans son article : le psychomotricien à la crèche, le temps du corps en mouvement dans l’espace : « Observer d’une part ce que l’enfant privilégie dans son développement, comment il apprend à se servir de son corps, comprendre le processus naturel, inné, spontané et personnel de son développement, et d’autre part, lui proposer un enrichissement à son expérimentation du moment, lui offrir les conditions d’aménagement et d’accompagnement ajustées. » (page 169)

 

Ma fille était gardée en crèche, et chaque jour, les enfants faisaient de la motricité, globale ou fine. Ils pouvaient faire du vélo, du tricycle, des jeux de ballon, des parcours avec un toboggan. Mais le matin, ils avaient toujours une activité encadrée telle que la pâte à bille, la peinture ou encore des gommettes. Diverses activités étaient proposées, ma fille prenait beaucoup de plaisir à y aller. Je l’ai vu progresser tout le long de l’année. 

 

Je me souviens d’un jour, où je suis allée chercher ma fille à la crèche en fin de journée. J’ai ouvert le portail qui mène sur la cour, et je suis tombée nez à nez avec elle. Elle était entrain de faire du tricycle, et vraisemblablement s’amusait beaucoup. J’ai été surprise, car je ne pensais pas qu’elle savait faire cela du haut de ses 2 ans et demi. Elle ne pratique pas cette activité ailleurs qu’à la crèche puisque nous n’avons pas de jardin. J’ai vraiment ressenti de l’étonnement et de la fierté, car dans mes représentations, ma fille ne savait pas faire de vélo ni de tricycle. Grâce à la crèche elle a pu faire cet apprentissage, et moi, comprendre qu’elle pouvait apprendre bien des choses en mon absence. Lorsqu’il s’agit de notre premier enfant, je pense que nous avons beaucoup à apprendre, et généralement, nous apprenons à ses côtés, au fil de son évolution. 

 

Choses à éviter pour une motricité libre 

Les parcs, transats, cale-bébés, trotteurs sont une entrave considérable au bon développement moteur de votre enfant, c’est le limiter dans ses déplacements, dans ses mouvements. Bien que je puisse comprendre qu’en tant que parent, nous avons parfois des obligations à la maison et que ces outils peuvent sembler utiles. Mais dès que vous avez l’occasion, libérez bébé et installez-le sur un tapis ferme et confortable pour qu’il puisse découvrir de multiples sensations librement. Vous pouvez lui mettre à disposition un ou deux jeux devant lui, se sera pour lui un exploit s’il arrive à se déplacer jusqu’à l’un deux. 

« Oublions le transat, c’est à plat dos sur un tapis ferme, mais confortable qu’un nouveau-né sera le plus à même de découvrir le monde qui l’entoure, d’expérimenter ses sensations. Sa tête est au repos, la cage thoracique à plat dégage ses poumons, ses mains et ses pieds sont mobiles, sa colonne vertébrale n’est pas sollicitée. » Sylvie Lavergne psychométricienne et formatrice à l’Association Pikler-Loczy.


Il est parfois difficile pour les parents de ne pas intervenir, mais c’est très important. Vous pouvez ressentir de la peur, de l’appréhension à le voir se déplacer seul, mais travaillez sur vous. Dites-vous qu’il grandit et qu’il doit faire ses propres expériences comme vous vous les êtes faites. Ne laissez pas transparaitre votre peur, mais bel et bien votre fierté. Si vous intervenez à chaque fois pour l’aider ou lui apprendre quelque chose, il n’osera plus prendre d’initiative de lui-même sans chercher votre approbation. Rien ne vous empêche quand il en a besoin de lui donner un petit coup de pouce pour repartir. 

 

« L’enfant nous demande de l’aider à agir seul » Maria MONTESSORI

 

Et enfin, laissez votre enfant progresser à son rythme. Il n’est pas conseillé de mettre l’enfant dans des positions qu’il ne maitrise pas encore. Laissez-le faire ses expériences, ses apprentissages pour avoir une base solide.


Il doit explorer et répéter certains gestes avant de pouvoir les maitriser donc laissez le faire. Ne soyez pas trop pressé. N’anticipez pas ses avancées. S’il ne tient pas assis seul, rien ne sert de disposer des coussins derrière lui pour le faire tenir. Ce n’est pas comme ça qu’il apprendra à se positionner et à tenir assis. Cela fait qu’entraver son apprentissage, l’enfant reste immobilisé contre son gré, il ne peut pas se mouvoir ni jouer avec des jouets ce qui risque surement de l’agacer. Rien ne vous empêche une fois qu’il sait rester assis de mettre des coussins, mais de les espacer pour « limiter » les chutes. 

 

Evolution et progression en fonction de l’âge de l’enfant

On peut retrouver sur internet des courbes de progression des acquisitions motrice en fonction de l’âge de l’enfant.

Attention, ceci reste à titre informatif. Je pense qu’il est important de comprendre que les enfants progressent à leur rythme et que ce n’est pas parce que le neveu d’un tel marche déjà que le votre est en retard et qu’il faut s’inquiéter. Laissez l’enfant avancer à son rythme. Si réellement son développement vous préoccupe, le mieux est d’aller consulter un médecin. Pour comprendre un peu plus, je vous propose de vous énumérer brièvement les 3 grandes lois qui régissent le développement psychomoteur de votre enfant.

 

  • Loi de différenciation

La motricité de l’enfant est d’abord globale, involontaire et imprécise, puis au fil de son développement ses gestes deviendront volontaires et de plus en plus précis (cf. motricité fine)  

 

  • Loi de succession

Le développement psychomoteur se fait selon un ordre bien précis. Pour faire simple, le développement est régi par 2 lois fondamentales : céphalo-caudale : de la tête aux pieds. 

Par exemple, les muscles du visage sont contrôlés en premier (sourire) puis l’enfant peut soulever sa tête ; etc..

proximo-distale : du centre du corps vers les extrémités des membres 

Par exemple, l’enfant contrôle ses bras, puis ses mains et enfin ses doigts. 

 

  • Loi de variabilité 

A savoir, une des lois qui régit le développement moteur de votre enfant est la loi de variabilité. Le développement de votre enfant n’est pas linéaire. Il s’opère par un sens de perfectionnement progressif, c’est-à-dire que ces progrès ne sont pas uniformes et continus. Ces progrès s’acquièrent par des phases de progression rapide, de stagnation voire de régression avant de reprendre normalement. 


« l’essentiel n’est pas l’âge, mais la qualité du geste, l’harmonie du corps et de mouvement, la grande richesse de variantes pour le “même” mouvement, la grande diversité des positions prises, la mobilité au cours de l’activité… » Françoise NÄSER (https://chroniqueassmat.fr/blog/article/se-mouvoir-en-liberte-des-le-premier-age)

Idées d’activités/jeux : 

Activités pour la motricité globale : 

  • parc/jardin/espace de jeux intérieurs (pour l’hiver) :

Ne vous privez pas du parc le plus proche, les jeux sont étudiés spécialement pour offrir aux enfants la possibilité de découvrir des compétences physiques (courir, sauter, grimper, glisser).

En plus de ça, ils se dépensent et seront bien fatigués en rentrant, pour votre plus grand bonheur :) J’ai la chance d’avoir dans ma ville un lieu d’accueil parents-enfants inspiré de la maison verte de Francois Dolto à Paris. C’est un lieu où les parents peuvent venir avec leurs enfants de 0 à 4 ans maximum, l’enfant doit toujours être accompagné d’un adulte, il y a une multitude de jeux. Un coin motricité avec filets, un toboggan, un coin jeu d’eau, un coin lecture enfin un bonheur pour tout le monde.

Je vous invite vivement à regarder dans votre ville si de telles structures existent, personnellement ça m’a beaucoup aidé, car ma fille étant unique elle s’ennuyait parfois à la maison et nous adultes, avons un moment de répit. 

     

    • Cuisinez avec votre enfant :

    Les enfants généralement adorent cuisiner  ! Il faudra vous armer de patience et ne pas avoir peur de salir la cuisine. Donnez des consignes claires et il sera ravi de vous aider.

    Ma fille par exemple aime beaucoup éplucher et couper les légumes. J’ai eu beaucoup de mal avec une grande appréhension lorsqu’elle s’est mise à vouloir éplucher et couper les légumes. Mais j’ai pris sur moi, au lieu de dire simplement « non c’est dangereux », je l’ai accompagnée pour qu’elle puisse se servir d’un économe et d’un couteau en toute sécurité. Il existe même des outils adaptés pour eux.

     

     

    • Jouer avec l’eau :
    Mettez-lui sa dinette dans l’eau, une petite éponge, un verre, une cuillère et demander lui de transvaser l’eau d’un bol vers un autre bol à l’aide de l’éponge. L’enfant devra ainsi presser l’éponge. Il finira par jouer selon ses envies ou voudra faire la vaisselle pour s’amuser.

       

      • Yoga/étirements/stretching :
      Ma fille pratiquait le yoga à la crèche, elle aimait beaucoup ça, elle me montrait les positions une fois rentrées à la maison. 

         

        • Comptines avec gestes :
        Comme par exemple « tête, épaules, genoux et pieds ».

           

          Activités pour la motricité fine :

          Je faisais des activités à ma fille à la maison pour l’occuper : 

          • Jeux de transvasement :
          Utilisez 2 récipients et faites-lui transvaser ce qui vous plait. Bien sûr, adaptez l’activité en fonction de l’âge de l’enfant. 
          • Pâte à modeler : (ou alors quand je faisais de la pâte à pizza par exemple je lui laissais faire la sienne)
          • Enfiler des perles 
          • Peinture (avec les doigts ou les pinceaux) 
          • Coloriage (je lui imprime BEAUCOUP de coloriages)

           

          Il existe énormément d’idées d’activités, de jeux à faire à la maison ou à l’extérieur. Sur internet ou dans des livres, vous trouverez forcément quelque chose qui vous convient. Pour les mamans un peu bricoleuses, vous pouvez vous-même confectionner des petits outils pour votre enfant, avec du matériel de récupération telle qu’une boite de lait, des bâtonnets de glace, etc..

           

          Par exemple, j’avais confectionné avec une boite de lait en poudre et des bouchons de bouteilles de lait un jeu très simple qui l’occupait bien. J’avais fait un trou dans la boite de lait de la taille des bouchons pour qu’elle puisse les mettre dedans. 

           

          Matériel 

          Adaptez le matériel au niveau d’avancement de votre enfant. Comme dit plus haut, observez-le pour savoir de quoi a-t-il besoin. Ou alors, rien ne vous empêche d’aller regarder sur internet quelle prochaine étape attends votre enfant et proposez lui des jeux en adéquation. Il existe toute sorte de matériel pour apprendre à utiliser son corps et affiner ses gestes. 


          Personnellement, je mettais à disposition le nouveau jouet de ma fille, j’observais comment elle le manipulait, je la laissais le découvrir. Puis je lui montrais comment l’utiliser et ensuite je la laissais faire seule. Bien sûr il faudra lui montrer plusieurs fois, mais il finira par comprendre de lui-même. L’enfant a besoin de répétition pour acquérir et s’approprier le geste. Proposer un seul nouvel objet à la fois sinon c’est l’échec assuré. 

           

          L’entraînement dans l’amusement permet à chaque enfant d’apprendre à développer ses capacités.

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